{"id":109,"date":"2017-03-06T15:05:47","date_gmt":"2017-03-06T14:05:47","guid":{"rendered":"http:\/\/damienreynaud.fr\/?page_id=109"},"modified":"2019-10-07T11:06:14","modified_gmt":"2019-10-07T09:06:14","slug":"optique-prometteuse-des-iles-inversees","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/damienreynaud.fr\/?page_id=109","title":{"rendered":"optique prometteuse des \u00eeles invers\u00e9es"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;image est ce qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas en r\u00e9alit\u00e9, mais ce que nous pensons qu&rsquo;elle est, au moment o\u00f9 nous lui donnons corps et l\u00e0 o\u00f9 son action op\u00e8re le changement. Le monde r\u00e9el se change alors en simple image et les simples images deviennent des \u00eatres r\u00e9els. Les images s&rsquo;\u00e9tendent. Leur \u00e9tendue se peuple. En tout lieu du monde r\u00e9el et en tout temps de chaque \u00eatre, la conjugaison n\u00e9cessaire \u00e0 ce rapport d\u2019existence passe toujours par les interfaces de l\u2019image. Peuple d\u2019\u00e9crans perm\u00e9ables et \u00eelots de solitude.<\/p>\n<p>L&rsquo;image est ce corps d&rsquo;occupation de l&rsquo;espace, dont la peau est investie de rapports de pouvoir et de domination avec le r\u00e9el. Inscrite par une forme, dans un fond, avec un mouvement, le long d&rsquo;une histoire, elle est surtout une ambigu\u00eft\u00e9 en v\u00e9rit\u00e9. Il y a \u00e0 l&rsquo;image et dans l&rsquo;image un ph\u00e9nom\u00e8ne de personnification spatiale et son doute. Ce jeu d&rsquo;incarnation est un double jeu de construction du r\u00e9el sur l&rsquo;image et de l&rsquo;image sur le r\u00e9el, qui cherche \u00e0 nous \u00e9tirer la vue. L\u2019image offre sa peau perm\u00e9able \u00e0 toutes les osmoses et \u00e0 toutes les esp\u00e9rances d\u2019un monde qui s\u2019y laisse volontiers liqu\u00e9fier.<\/p>\n<p>L&rsquo;image est du genre transformiste, donnant forme r\u00e9elle par travestissement oculaire ordinaire du monde. Sans bon corps ni bon genre particulier, l&rsquo;image est cette hypoth\u00e8se de pens\u00e9e et de regard, conjugu\u00e9s et \u00e9mancipateurs, permettant de bricoler un nouveau jour. La mise en image du r\u00e9el modifie les codes des apparences et brouille les rep\u00e8res des choses, des \u00eatres ou des espaces. En empruntant le r\u00e9el, l&rsquo;image en risque un r\u00e9-usage iconique qui le modifie. Le r\u00e9el est l\u2019espace d\u2019un collage optique m\u00eame.<\/p>\n<p>Il y a donc de l&rsquo;autre monde et du r\u00e9el dans l&rsquo;image, comme il y a de notre regard et de l&rsquo;autre dans la vue. L&rsquo;image est une immersion d&rsquo;\u00e9changes par notre corps voyant dans un autre corps vu\u00a0; immersion forc\u00e9ment fragment\u00e9e et incompl\u00e8te, s\u00e9rielle et <em>prolif\u00e9rante<\/em>, fixe et mouvement\u00e9e, contradictoire et coh\u00e9rente, pleine et trou\u00e9e, en lien et en rupture. Tout ce qui peut faire la mati\u00e8re de l&rsquo;image en fait un mot d&rsquo;esprit qui invente et r\u00eave le discours qui pourrait la traverser.<\/p>\n<p>Pourtant l&rsquo;image est toujours imp\u00e9n\u00e9trable, m\u00eame si elle est immersive et mim\u00e9tique. C&rsquo;est ce qui lui donne son caract\u00e8re d&rsquo;image de choc. Surface de choc, comme un mur, un \u00e9cran. L&rsquo;image est donc une brutalit\u00e9 tranchante alors que sa dur\u00e9e est intemporellement contemplative. Aujourd\u2019hui les images connect\u00e9es en direct sont des murs tactiles et agiles, qui nous offrent un contact d\u2019assistance continue pour nous guider dans le monde r\u00e9el. Aux crois\u00e9es des chemins les donn\u00e9es Data remplacent les anciennes bornes et les calculs d\u2019algorithmes remplacent les incertitudes. Les choix sont tout trac\u00e9s et les images les affichent ergonomiquement. Par l\u2019image, le r\u00e9el devient plus facile. Comme une cartographie localis\u00e9e l\u2019image dessine l&rsquo;espoir d&rsquo;un autre horizon sur l&rsquo;horizon, comme un trou perdu au milieu de nulle part. Comme une sonde exploratrice dans l&rsquo;espace elle cherche le sujet. Le sujet c&rsquo;est avant tout l&rsquo;image v\u00e9ritable, son invitation en bloc \u00e0 d\u00e9passer ce qui est l\u00e0 comme r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>La r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9ritable c&rsquo;est la r\u00e9alit\u00e9 fonctionnelle. Il y a bien une r\u00e9alit\u00e9 fonctionnelle de l&rsquo;image, quelque part dans l&rsquo;image. Cette r\u00e9alit\u00e9 fonctionnelle c&rsquo;est l&rsquo;essence existentielle de l&rsquo;autre sujet que celui qui est image ou que celui qui fait image. Ma r\u00e9alit\u00e9 est cet acte v\u00e9ritablement ordinaire de celui qui fait l&rsquo;image \u00e0 son image du monde. Ma r\u00e9alit\u00e9 fonctionnelle c&rsquo;est cette chose r\u00e9ellement impalpable transfigur\u00e9e sur cette peau optique comme un corps vrai et fr\u00e9n\u00e9tique ; faire signe co\u00fbte que co\u00fbte.<\/p>\n<p>La r\u00e9alit\u00e9 fonctionnelle des images c&rsquo;est qu&rsquo;elles sont immortelles et qu&rsquo;elles forment des parades \u00e9ph\u00e9m\u00e8res face \u00e0 la disparition du sens en temps r\u00e9el. Chaque image est une force prometteuse de nos pass\u00e9s, parce qu&rsquo;elle en est ce que l&rsquo;on en n&rsquo;avait pas encore vu ainsi. Elle installe un espoir de r\u00e9v\u00e9lation par son regard pensif, au fond duquel notre r\u00e9flexion tente de comprendre quelque chose.<\/p>\n<p>Cette optique prometteuse est l&rsquo;interface humaine des choses. Tout passe par cette orbite oculaire, une \u00eele invers\u00e9e en quelque sorte, dont la construction raisonne par le vide et le fluide. La preuve de ce r\u00eave est bien la capture factuelle de l&rsquo;image. L\u2019image, telle une \u00eele invers\u00e9e, est le site d\u2019un hyper lieu comme d\u2019un hyper lien. Reli\u00e9es entre elles, les images forment un archipel d\u2019interactions permettant un r\u00e9el plus liquide, entit\u00e9 de mouvements cherchant leur \u00e9quilibre entre ambigu\u00eft\u00e9s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes et socles fondamentaux.<\/p>\n<p>Finalement chaque image compose un grand commencement. Comme elle l\u2019a toujours pratiqu\u00e9 dans l\u2019histoire optique, l\u2019image en tant que syst\u00e8me de repr\u00e9sentation permet \u00e0 l\u2019\u00eatre de se situer en tant que cr\u00e9ateur. Au m\u00eame titre qu\u2019un miroir inverse la droite et la gauche par son reflet, l\u2019image invite \u00e0 une r\u00e9flexion sur le r\u00e9el, capable d\u2019inverser les centres de polarisation habituels. Alors le haut devient bas, l\u2019eau du lac remplit les montagnes, les oiseaux migrateurs suivent les failles sismiques et autres merveilles prometteuses encore des \u00eeles invers\u00e9es.<\/p>\n<p>Notes de travail, \u00e0 la recherche d&rsquo;une <em>mythographie des \u00eeles invers\u00e9es<\/em>,2016<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;image est ce qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas en r\u00e9alit\u00e9, mais ce que nous pensons qu&rsquo;elle est, au moment o\u00f9 nous lui donnons corps et l\u00e0 o\u00f9 son action op\u00e8re le changement. Le monde r\u00e9el se change alors en simple image et les simples images deviennent des \u00eatres r\u00e9els. Les images s&rsquo;\u00e9tendent. Leur \u00e9tendue se peuple. En &hellip; <a href=\"https:\/\/damienreynaud.fr\/?page_id=109\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">optique prometteuse des \u00eeles invers\u00e9es<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":14,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/damienreynaud.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/109"}],"collection":[{"href":"https:\/\/damienreynaud.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/damienreynaud.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/damienreynaud.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/damienreynaud.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=109"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/damienreynaud.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/109\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":849,"href":"https:\/\/damienreynaud.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/109\/revisions\/849"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/damienreynaud.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/14"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/damienreynaud.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=109"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}