{"id":1212,"date":"2020-12-16T10:13:43","date_gmt":"2020-12-16T09:13:43","guid":{"rendered":"http:\/\/damienreynaud.fr\/?page_id=1212"},"modified":"2020-12-16T10:13:44","modified_gmt":"2020-12-16T09:13:44","slug":"je-passe-ici-a-cote-de-mon-sujet","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/damienreynaud.fr\/?page_id=1212","title":{"rendered":"Je passe ici \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de mon sujet"},"content":{"rendered":"\n<p> Je passe, ici, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de mon sujet.<br> Je m&rsquo;entends.<br> Je n&rsquo;en n\u00e9glige aucun. Pas \u00e0 pas. Dans tous les sens. Ici.<\/p>\n\n\n\n<p> Ici, \u00e0 l&rsquo;enseigne des monstres, priv\u00e9 de science, leurs poisons, et leurs<br> potions. Des paumes \u00e0 l&rsquo;appui sur le verre tremp\u00e9. Seulement le chiffre<br> de leur pr\u00e9sence, autrefois. Je ne m&rsquo;efface pas.<br> J&rsquo;effleure ces empreintes de doigts, de fronts, ces blindes en d\u00e9rive, et<br> leur \u00e9criture, \u00e0 la surface de ce mur extralucide. Son emploi, avec le<br> comm\u00e9rage de ses d\u00e9clinaisons, en souvenir.<br> On vit. On d\u00e9vie \u00e0 nouveau. On v\u00e9g\u00e8te.<br> C&rsquo;est affaire de dose. Affaire de preuve.<\/p>\n\n\n\n<p> Je reprends souffle, \u00e9cho. Un peu d&rsquo;\u00e9lan. Bille en t\u00eate. Un reflet me<br> cogne, r\u00e9sonne. \u00c7a ne compte pas. Encore un essai, longtemps.<br> Toujours aucune r\u00e9ponse. J&rsquo;abr\u00e8ge et ressasse toutes ces traces en<br> braille. Contre la feuille de verre, le convoi de la ville, ses \u00e9pures.<br> Je ne m&rsquo;efface pas de mon objet. Je garde seulement, hors des<br> souterrains, cette petite bi\u00e8re, des mouvements de mots. Je me fais un<br> devoir de ne pas figer ma vindicte, et leurs motions. Je crois que je les<br> porte, encore, au creux de la bouche et de cette vitrine, cousues. Des<br> dictions, m\u00e2choires bien serr\u00e9es.<br> Nous nous entretenons d&rsquo;une veille commune. Presque transparents.<\/p>\n\n\n\n<p> Je conserve mon ombre et la foule au tableau. Pareil \u00e0 mon objet, sans<br> propos, au secret, derri\u00e8re les mirages de cette vitrine o\u00f9 j&rsquo;ai lieu, en<br> particulier.<br> Comme en partage.<\/p>\n\n\n\n<p> Je dis que je m&rsquo;entends.<br> L&rsquo;inventeur dispose de l&rsquo;\u00e9locution. Pour m\u00e9moire, je serai son acteur, et<br> son p\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p> On se serait bien attendu \u00e0 un discours, \u00e0 ce sujet. D&rsquo;abord, pour user<br> les maximes de nos acad\u00e9mies, \u00e0 la lettre pr\u00e8s. Imaginer des exp\u00e9riences,<br> et leurs motifs. Les d\u00e9tourner jusqu&rsquo;\u00e0 la corde. On aurait fait merveille,<br> et r\u00e9f\u00e9rence.<br> Mais, je br\u00fble les \u00e9tapes. J&rsquo;aurais bien pouss\u00e9 le bouchon un peu plus<br> loin et forg\u00e9 crit\u00e8res, axiomes, th\u00e9or\u00e8mes, pour aventurer sur le champ<br> quelques pions d&rsquo;outils : le vrai, le faux, le douteux, le v\u00e9rifiable, le<br> falsifiable, et j&rsquo;en passe. Construire avec autorit\u00e9 un domaine de<br> d\u00e9finition, d\u00e9guiser sa violence, ses cavernes et ses murailles, couper vos<br> r\u00e9ponses comme vos silences, vous voir interdits enfin, avec hauteur.<br> Alors, il y aurait eu de la ma\u00eetrise, de l&rsquo;admiration.<\/p>\n\n\n\n<p> Lois, vertus, je n&rsquo;ai peut-\u00eatre pas ces ruses. Reste, allez savoir, l&rsquo;\u00e9motion<br> dans sa tourbe. Sa lucidit\u00e9 m\u00e9tisse. Sa faiblesse. Toute.<br> Non, nous restons sciemment \u00e0 parier, avec l&rsquo;autre qui m&rsquo;accompagne,<br> que j&rsquo;accompagne, avec sa parole \u00e0 lui, ses effigies \u00e0 lui, nos figures, en<br> mouvement. Nous avan\u00e7ons. Nous bo\u00eetons.<\/p>\n\n\n\n<p> Nous bo\u00eetons, l&rsquo;aveugle, et le muet, avec nos cartons \u00e0 nous, nos loques,<br> interloques, nos chiens. Je n&rsquo;\u00e9coute rien. Sauf son silence. Nos paris.<br> Nous dormons chaussures aux pieds. Chaque lendemain, les m\u00eames<br> circuits de matins, de midis et de nuits, \u00e0 la ficelle, de ville en ville, leurs<br> semelles au clou, avec nos sacs de plastique, nos caddies, tous ces bruits<br> galvanis\u00e9s dans nos t\u00eates, tous ces r\u00f4les, toutes ces peaux pour y mettre<br> notre peau. Il lit ces mots, en ce moment. Il sourit, sans doute. Vous<br> voyez ? On n&rsquo;a pas peur. On ne les a pas vol\u00e9s, ces mots. Ils survivent,<br> quelque part en nous, je ne sais plus o\u00f9. Ou je ne veux pas m&rsquo;en<br> rappeler. Il faudrait bien y penser, \u00e0 cela. Vous feriez bien d&rsquo;y r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0<br> deux fois. Vous pourriez bien, en tout cas. Hein ? \u00c0 cela, ceci\u2013cela.<br> Quoi ?<\/p>\n\n\n\n<p> J&rsquo;\u00e9coute.<\/p>\n\n\n\n<p> Mal en point, par exemple, on dirait que je fais les voix, lui la vue. La<br> paume, en haillons sur l&rsquo;\u00e9paule, ou dans la poche, comme en plein vent,<br> mains jamais tendues \u00e0 la renverse. J&rsquo;allais oublier, on dort pas en m\u00eame<br> temps. Vaudrait mieux pas. Non, chacun son tour. Pour voir, entendre,<br> chacun son r\u00f4le. On sait jamais. \u00c7a travaille. \u00c7a veille. Hors de notre<br> th\u00e9\u00e2tre de marionnettes. Des fois que. Des fois.<br> Nous avons bringuebal\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 ce seuil. Nous y passerons bien<br> quelques nuits. Apr\u00e8s, de l&rsquo;air. Nous balaierons derri\u00e8re, nous<br> effacerons nos traces.<br> Oui, co\u00fbte que co\u00fbte, nous bo\u00eeterons, nous viderons les lieux, pour \u00eatre<br> un peu moins au monde.<\/p>\n\n\n\n<p> Vous voyez le tableau ?<br> Aucune peau ? Rien. Je n&rsquo;entends rien.<\/p>\n\n\n\n<p> Allez, on remet \u00e7a.<br> Je parle ici pour ne rien dire. Ou en dire le moins.<\/p>\n\n\n\n<p> Entre nous, et vous, ce premier plan, son humeur vitr\u00e9e. Ne faites pas<br> mine. Vous l&rsquo;avez bien vu. Vous l&rsquo;avez bien vu, quand m\u00eame ? Je suis<br> s\u00fbr. Vous venez tout juste de le consulter, du coin de l&rsquo;oeil. Une m\u00e8che \u00e0<br> remonter, un bouton de col \u00e0 v\u00e9rifier, ces d\u00e9ambulations en coups de<br> vent, le long de la galerie et des cadres de la rue, des r\u00e9conciliations<br> pr\u00e9matur\u00e9es, une ou deux au moins, entre soi et son reflet. Non, ne<br> faites pas.<\/p>\n\n\n\n<p> Donc, entre nous et vous, ce premier plan. Tout son vertige superficiel.<br> Mince, derri\u00e8re sa vitre, on y passerait bien un rideau. Dans l&rsquo;intervalle.<br> \u00c0 la place de la main.<\/p>\n\n\n\n<p> Un jour, je me r\u00e9sume, on entrevoit la pr\u00e9sence d&rsquo;un tel rideau qui p\u00e8se,<br> \u00e0 peine retenu, sur la sc\u00e8ne \u00e0 faire, sur la sc\u00e8ne \u00e0 vivre. Apr\u00e8s tout, ces<br> douleurs, toutes ces ann\u00e9es, le jour venu, enfin, du retour, Ithaque s&rsquo;\u00e9tait<br> bien cach\u00e9e au regard d&rsquo;Ulysse.<\/p>\n\n\n\n<p> Tout d&rsquo;une pi\u00e8ce, m\u00eame sur la porte et son seuil, rideau. Un reste de<br> face \u00e0 face, un trait, portrait, en absence, ou sommeil, \u00e0 lui opposer, un<br> dernier instant, qui nous trouvera bien les yeux grands ouverts, qui<br> arrivera, \u00e0 la fin, et saura bien nous mettre la main dessus, nous prendre.<br> Preuves \u00e0 l&rsquo;appui, nous mettre hors\u2013sujet.<\/p>\n\n\n\n<p> Vous voyez o\u00f9 je veux en venir ?<br> On p\u00e8se, ici, \u00e0 notre tour, les menaces du rideau, du rideau sans lettre, en<br> souffrance, inimaginable, du rideau sans id\u00e9e, fa\u00e7ons de parler, sur la<br> table. On compte un \u00e0 un ses plis, contre-plis, avec ruines et reliefs<br> parmi ses cr\u00eates d&rsquo;aveugle en lumi\u00e8re, ses ab\u00eemes d&rsquo;ombre, puis de nuit,<br> nou\u00e9s en miniature. On divise trame et cha\u00eene, cet envers de la toile, ses<br> lois, ses h\u00e9matomes, on les froisse, enrou\u00e9s contre ce cocon sans visage,<br> et sa poussi\u00e8re en tessiture.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout revient un jour \u00e0 y penser, au rideau, sans creuser l&rsquo;affaire des<br> images \u00e0 mains d&rsquo;homme. Ou pas. \u00c0 le laisser tout recouvrir, tout<br> effacer, \u00e0 l&rsquo;entendre, ce doigt maigre, frapper \u00e0 notre carreau, traverser<br> notre parole, la fouiller de ses hantises sens dessus dessous, l&rsquo;habiter de<br> ses recoins vides, sans haleine. Y laisser germer ses traces, comme une<br> maladie de babil, et ses antiquit\u00e9s. Tache, ressui de voile et faussaire,<br> couvertures en tas, linge de corps en cordons traversant de fen\u00eatres en<br> fen\u00eatres le vertige des rues, le voile de ces sueurs devant les yeux et ces<br> draps \u00e0 tue-t\u00eate, et, et puis, ces bras nus tendus hors des blouses de<br> nylon, leurs battues derri\u00e8re les volets \u00e0 peine entrouverts, pour passer la<br> chaleur de la journ\u00e9e, l\u00e0\u2013bas, \u00e0 Catane comme Ithaque, au bruit de ces<br> noms, poussant leur houle dans le recoin vide et ses travers, alors \u00e7a<br> galope, de loin, \u00e7a enfle, \u00e7a galope de plus en plus proche, au bruit de<br> ces noms, et soudain soudain suspendant le doigt \u00e0 la navette et son fil,<br> seulement ces coups de sabots dans la cour, en bas, un seul<br> hennissement, et, et puis, dans la rue ces voix des enfants, \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat,<br> comme celles des m\u00e8res derri\u00e8re les volets, en silence, et ces pas courant<br> du trottoir vers l&rsquo;entr\u00e9e, ces pas en \u00e9cho, quatre \u00e0 quatre, dans l&rsquo;escalier<br> jusqu&rsquo;\u00e0 cette porte close, essouffl\u00e9e, au bruit de tout son nom, qui lui<br> sort par les yeux et traverse ses l\u00e8vres jusqu&rsquo;\u00e0 ce seuil, un pas, ce seuil qui<br> l&rsquo;attend, son haleine hors le verrou. Toutes ces rues, tous ces bouts de<br> tissus, toutes ces voix blanches en reste, suspendus \u00e0 la cadence des<br> fruits et leur sucre, en m\u00e9moire. Tous pli\u00e9s, pass\u00e9s, tomb\u00e9s, l\u00e0\u2013bas, l\u00e0\u2013<br> bas.<br> On y mettrait bien le terme d&rsquo;apocalypse.<br> On y mettrait bien aussi un terme, \u00e0 la place.<\/p>\n\n\n\n<p> Outre qu&rsquo;absent, voil\u00e0 que je vous fais l&rsquo;article.<br> Pourtant, l&rsquo;atelier est toujours dans le dos, jamais bien plus loin, calcul\u00e9<br> sur l&rsquo;horizon, son bric-\u00e0-brac, et ses st\u00e8les. Je me rappelle ces lieux<br> communs pour l&rsquo;exemple. \u00c0 Delft, vous savez, ce petit pan de mur<br> jaune. Ou, devant la jeune fille qui pose \u00e0 la chambre noire, ce signe \u00e0<br> peine voil\u00e9, au plafond, tir\u00e9 \u00e0 gauche, pour seule mesure. Ou, encore, si<br> je ne m&rsquo;abuse, \u00e0 Londres et sa galerie nationale, la panne verte presque<br> enti\u00e8rement referm\u00e9e, par hasard au dos des ambassadeurs, l&rsquo;air de rien.<br> Sauf un coin, enfonc\u00e9 dans cette panne verte en haut de l&rsquo;image ; tout<br> en haut et \u00e0 gauche une nouvelle fois, avec sa croix, pour si peu en<br> grisaille, \u00e0 peine tir\u00e9e de sa profondeur, son arri\u00e8re\u2013monde en peu de<br> temps, presque insoup\u00e7onnable, apr\u00e8s le bavardage du cr\u00e2ne.<br> Des prestidigitations, juste sous le nez, vaines, sans forme. Vous<br> pouvez pas les louper, leurs fac\u00e9ties en cul de sac, les errants. Mains<br> devant soi, oui, mains devant soi, contre les nuits et les nuits, en t\u00eate, qui<br> n&rsquo;en finissent pas, en t\u00eate, sympt\u00f4mes, si je mens, bois, enfer, et<br> fant\u00f4mes.<\/p>\n\n\n\n<p> Je passe donc ici \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de mon sujet.<\/p>\n\n\n\n<p> Vous ne me voyez pas.<br> La ville op\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p> Je tourne autour du pot.<br> Je ne fais que passer.<br> J&rsquo;\u00e9num\u00e8re.<br> J&rsquo;entasse.<\/p>\n\n\n\n<p> Il y a donc bien le trottoir, en descente, au devant de la route, et ses<br> voitures, ses petits camions. J&rsquo;y porte presque la main. Ce qui m&rsquo;en sert<br> encore.<\/p>\n\n\n\n<p> Il y aura donc bien, peut-\u00eatre, aujourd&rsquo;hui, le goudron mis \u00e0 nu par les<br> flaques de pluie. Voire le vent au soleil. Un d\u00e9but de saison, le temps<br> qu&rsquo;il fait. J&rsquo;en poursuivrai bien l&rsquo;inventaire.<\/p>\n\n\n\n<p> J&rsquo;\u00e9coute vos formes fr\u00f4ler la vitre en esprit. Passer du coq \u00e0 l&rsquo;\u00e2ne.<br> Claquements de vos chaussures, en mission. Courses, \u00e9coles, affaires.<br> Pas de sommation. Planches \u00e0 roulettes, planches \u00e0 billets, indiff\u00e9rentes,<br> \u00e0 peine audibles.<br> Regardez-vous votre ombre s&rsquo;allonger devant vous ? Ou derri\u00e8re, \u00e0 la<br> tra\u00eene, d\u00e9coup\u00e9e par votre \u00e9paule ?<br> Baissez\u2013vous les yeux, l&rsquo;averse en cadence frappant un bout de visage, \u00e0<br> la tomb\u00e9e de la capuche ?<br> Quelle heure est-il ? Quel temps fait-il ? S&rsquo;il vous pla\u00eet. Quand<br> arr\u00eaterez-vous, ma parole ? Quand ? Et o\u00f9 ?<\/p>\n\n\n\n<p> Je vais voir ailleurs, si j&rsquo;y suis.<br> Fa\u00e7on de parler. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de vous,<br> vos mains en \u00e9cho, pour donner de la voix, ou distraire les reflets de<br> votre regard.<br> L&rsquo;ab\u00eemer. Contre le verre. Tout contre son c\u00e9libat.<\/p>\n\n\n\n<p> L&rsquo;espace d&rsquo;un temps, j&rsquo;\u00e9coute \u00e0 nouveau vos semelles, je consid\u00e8re vos<br> d\u00e9marches, je les imagine r\u00e9duites aux lignes du front, du nez, de la<br> bouche, du menton, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;amorce du cou. Le reste ? Je ne m&rsquo;en<br> souviens pas. Ou alors c&rsquo;est que j&rsquo;ai envie de changer. De changer de<br> conversation. \u00c7a ne me touche plus. La vitre est l\u00e0. Pour \u00e7a.<br> De profil.<br> Ce qui n&rsquo;est pas le moindre mot.<br> Sa fugue, \u00e0 b\u00e2tons rompus. Un autre motif.<\/p>\n\n\n\n<p> Cach\u00e9 sous les \u00e9chos, comme leurs reflets, j&rsquo;en suis venu ainsi, au<br> tournant, \u00e0 ce mur d&rsquo;invisibilit\u00e9 transparente.<\/p>\n\n\n\n<p> Je suis l\u00e0 et ailleurs, en m\u00eame temps. C&rsquo;est mon commerce public, ma<br> liquidation.<br> Vous ne me voyez pas vous<br> tourner le dos.<br> \u00c7a ne me dit pas grand chose.<\/p>\n\n\n\n<p> Nos couvertures sont l\u00e0, en bo\u00eetes, en tas, aux pieds nus des murs, ou<br> couverts d&rsquo;affiches, fouill\u00e9es en profondeur. Nos chiffes molles, et leurs<br> coups de sondes, drues.<br> Je les passerais bien en revue, sur la vitre, avec leurs d\u00e9chirures. La<br> chronologie de vos pas n&rsquo;y verrait que du feu.<\/p>\n\n\n\n<p> C&rsquo;est dans ces parages que vagabonde un autre regard, sans abri,<br> c&rsquo;est par l\u00e0 que s&rsquo;amenuise sa main\u2013<br> d&rsquo;oeuvre. Je les cherche encore.<br> Toutes vos heures mises \u00e0 part,<br> nous les cherchons encore. Avec minutie.<br> Sous nos tas de chiffons. Nous sommes venus, au tournant, vouer nos<br> reconnaissances \u00e0 la vitre.<br> Dans ce balancement, cette h\u00e9sitation.<br> Cette fixit\u00e9 nomade.<\/p>\n\n\n\n<p> Je ne m&rsquo;installe pas.<br> Je n&rsquo;installe rien.<br> Nous arrivons au tournant<br> Un mouvement de fant\u00f4me, invisible. Mais un mouvement si rapide,<br> sans repos, qu&rsquo;il peut toujours chercher \u00e0 se figer ici, sur le pli de ces<br> ombres, en miroir, au tableau.<\/p>\n\n\n\n<p> Je m&rsquo;en vais. En compagnie. Ce n&rsquo;est pas tr\u00e8s difficile.<br> Je l&rsquo;ai bien cherch\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p> Oui, vous passez ici \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de votre sujet.<br> Il ne fait pas un geste.<br> Pas un pli.<\/p>\n\n\n\n<p> Vous ne voyez pas,<br> \u00e7a vous regarde.<\/p>\n\n\n\n<p><br> Samedi 10 Mars 2012.  Olivier Pr\u00e9vost <\/p>\n\n\n\n<p>Texte \u00e9dit\u00e9 en un exemplaire,  diptyque, impression num\u00e9rique en deux panneaux de  50x230cm \u00e0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;exposition <a href=\"http:\/\/damienreynaud.fr\/?page_id=563\">\u00ab\u00a0survie\u00a0\u00bb<\/a>, Atelier 66, Sarcelles-Village, avril 2012. Tous droits r\u00e9serv\u00e9s \u00a9 Olivier Pr\u00e9vost<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je passe, ici, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de mon sujet. Je m&rsquo;entends. Je n&rsquo;en n\u00e9glige aucun. Pas \u00e0 pas. Dans tous les sens. Ici. Ici, \u00e0 l&rsquo;enseigne des monstres, priv\u00e9 de science, leurs poisons, et leurs potions. Des paumes \u00e0 l&rsquo;appui sur le verre tremp\u00e9. Seulement le chiffre de leur pr\u00e9sence, autrefois. Je ne m&rsquo;efface pas. J&rsquo;effleure &hellip; <a href=\"https:\/\/damienreynaud.fr\/?page_id=1212\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Je passe ici \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de mon sujet<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":17,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/damienreynaud.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/1212"}],"collection":[{"href":"https:\/\/damienreynaud.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/damienreynaud.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/damienreynaud.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/damienreynaud.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1212"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/damienreynaud.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/1212\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1213,"href":"https:\/\/damienreynaud.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/1212\/revisions\/1213"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/damienreynaud.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/17"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/damienreynaud.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1212"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}