{"id":65,"date":"2016-11-28T16:14:55","date_gmt":"2016-11-28T15:14:55","guid":{"rendered":"http:\/\/damienreynaud.fr\/?page_id=65"},"modified":"2017-05-31T20:26:17","modified_gmt":"2017-05-31T18:26:17","slug":"immersion","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/damienreynaud.fr\/?page_id=65","title":{"rendered":"immersion"},"content":{"rendered":"<p>On n\u2019est pas \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des images. Comme toute chose n\u2019est pas ext\u00e9rieure \u00e0 nous, l\u2019image est en nous, au c\u0153ur de nous. Nous sommes au c\u0153ur de chaque image, comme au c\u0153ur m\u00eame d\u2019une peau. La profondeur de l\u2019image rel\u00e8ve de ce m\u00eame myst\u00e8re que la profondeur de la peau. <em>La peau est ce qu\u2019il y a de plus profond en nous,<\/em> d\u2019apr\u00e8s Paul Val\u00e9ry dans \u00ab\u00a0l\u2019Id\u00e9e fixe\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Donner du corps \u00e0 l\u2019id\u00e9e et en \u00e9tirer le sens consisterait en une sorte d\u2019arch\u00e9ologie de la surface des images, pour arriver l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019y a plus rien \u00e0 voir, au plus profond, l\u00e0 o\u00f9 l\u2019image ne montre plus, ne d\u00e9crit plus, l\u00e0 o\u00f9 le fond op\u00e8re. Le plus profond pourrait bien \u00eatre de l\u2019ordre d\u2019un espace infra-mince entre le dessus et le fond de l\u2019image. Les signes et les ic\u00f4nes de l\u2019image se lisent au microscope, comme d\u2019infimes particules, dans le sang de son propre fant\u00f4me. Un mouvement fluide existe dans l\u2019image, qui l\u2019\u00e9tend au-del\u00e0 de son cadre et de sa surface, car il y a toujours eu quelque chose autour de l\u2019image et autre chose dans l\u2019image. L\u2019\u00e9tendue pure n\u2019est pas abstraite. La surface a ses couches et ses reliefs. Bien qu\u2019absolument plane je peux en effet rentrer dans l\u2019image. La couleur mat\u00e9rialise cet aplat silencieux des peaux. Indicible volume des surfaces, sandwich des plans, couleurs innommables et transparence des temps empil\u00e9s sont les signifiants qui op\u00e8rent obscur\u00e9ment, obstin\u00e9ment. La r\u00e9alit\u00e9 n\u2019est peut-\u00eatre pas aussi concr\u00e8te que le r\u00e9el, comme la v\u00e9rit\u00e9 n\u2019est pas aussi certaine dans l\u2019apparence et dans la pr\u00e9sence des choses r\u00e9elles, mais plus consid\u00e9rable dans le jeu des signifiants \u00e0 l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p><em>L\u2019exp\u00e9rience int\u00e9rieure<\/em> d\u2019un fond irr\u00e9gulier rappelle que ce qui se dit ne tient pas tant dans ce qui se voit. Ailleurs, la force fragile du signe en vue se tient\u00a0; l\u2019image est toujours ailleurs que par ce en quoi on la voit. Il y a cette image qui flotte entre deux images\u00a0: une forme nomade non fix\u00e9e sur la r\u00e9tine, ni sur la pellicule, ni sur le support, ni dans je ne sais quelle autre mat\u00e9rialit\u00e9 physique ou chimique. Les spectres de couleurs innommables, les fant\u00f4mes de figures floues des images sont insondables. Les images sont infinies, expansives et t\u00eatues. Car l\u2019image a une id\u00e9e en t\u00eate, telle une virgule flottante, une forme molle qui demeure tout en se mouvant. Le geste de la touche donne forme \u00e0 une mati\u00e8re picturale faisant image. Les mots peignent la mati\u00e8re grise d\u2019images mentales en circulation. La sensation du toucher offre \u00e0 la peau sa r\u00e9action comme mouvement \u00e9chographique. Le geste d\u2019optique tactile acc\u00e9l\u00e8re les mouvements d\u2019images en flux. Depuis l\u2019\u00e2ge z\u00e9ro de la reproduction avec l\u2019imprimerie, l\u2019image participe plus que jamais au principe de diffusion de sa reproductibilit\u00e9, en offrant l\u2019\u00e9tendue panoramique de la peinture au cin\u00e9ma, l\u2019illusion de la profondeur, de la Renaissance \u00e0 la 3D immersive avec des masques de vision, ou en chose concr\u00e8te gr\u00e2ce \u00e0 des imprimantes 3D.<\/p>\n<p>L\u2019image a une id\u00e9e fixe, non point comme un point de chute, un objectif \u00e0 atteindre, mais comme son mouvement m\u00eame d\u2019image, flottant entre les images, flottant entre les id\u00e9es et les connaissances. Cette id\u00e9e fixe de l\u2019image r\u00e9side dans l\u2019image en tant que principe m\u00eame de r\u00e9p\u00e9tition, reproduction ou multiplication d\u2019images, sans s\u2019y fixer pr\u00e9cis\u00e9ment, sous aucun fixateur chimique, ni algorithme num\u00e9rique, contour dessin\u00e9, ou aplat cern\u00e9. L\u2019image a sa logique m\u00e9canique de reproduction toujours unique dans la r\u00e9p\u00e9tition. L\u2019image engendre l\u2019image, l\u2019image engendre de l\u2019image, des images. L\u2019image vraie d\u00e9passe la surface de l\u2019image en tant que chose, en tant qu\u2019objet, en tant que r\u00e9el.<\/p>\n<p>Tel serait le destin de l\u2019image, offrir \u00e0 ma vue ce qu\u2019il faut pour me donner \u00e0 croire, et en me faisant ainsi croire au miracle de telle image, m\u2019illusionner d\u2019avoir trouv\u00e9 l\u2019image v\u00e9rit\u00e9. La vraie. L\u2019authentique. La v\u00e9ritable. Si l\u2019image est vraie, ce n\u2019est qu\u2019en tant qu\u2019id\u00e9e du Vrai et l\u2019image est alors l\u2019Id\u00e9e. Sa forme d\u2019id\u00e9e, plus mentale que concr\u00e8te, en fait une forme immersive, qui m\u2019impr\u00e8gne d\u2019abord de l\u2019int\u00e9rieur. L\u2019image a cette puissance immersive qu\u2019elle se donne en une perception globale imm\u00e9diate. D\u2019un coup elle entoure mon cerveau, puis mon corps, de sorte qu\u2019elle envahit aussi tout l\u2019ext\u00e9rieur. L\u2019image en tant qu\u2019empreinte (pochoir rupestre de l\u2019art pari\u00e9tal, masque, portrait r\u00e9aliste, transfert, suaire, image photographique ou miroir chimique des spectres lumineux, ombre chinoise, \u00e9piderme pigmentaire des images peinte, etc) est tentative d\u2019empreinte totale, comme une cartographie \u00e0 \u00e9chelle un co\u00efncidant partout. Aujourd\u2019hui l\u2019image n\u2019est plus seulement une empreinte du corps, un pochoir physique des peaux et des pigments, un transfert graphique des mondes, une projection des figures et des contours, un masque de surface, une r\u00e9v\u00e9lation chimique des fr\u00e9quences et des ondes lumineuses, c\u2019est aussi, gr\u00e2ce \u00e0 leur connexion interactive, l\u2019empreinte num\u00e9rique de nos donn\u00e9es quotidiennes en temps r\u00e9el : imagerie permanente de nos situations, imagerie g\u00e9o localis\u00e9e, imagerie interconnect\u00e9e, imagerie archiv\u00e9e en direct et \u00e0 la nanoseconde pr\u00e8s, imagerie d\u2019occupation des territoires, imagerie d\u2019invasion coloniale, imagerie de libre soumission au contr\u00f4le. O\u00f9 est l\u2019image vraie dans ce tourbillon satur\u00e9 d\u2019images\u00a0? Y voit-on encore quelque image, dans cette multitude \u00e9parpill\u00e9e\u00a0? Que voit-on encore seulement dans l\u2019image noy\u00e9e d\u2019images\u00a0? L\u2019image d\u2019une liste totale.<\/p>\n<p>En tant que telles, les images, empreintes totales, sont devenues toutes vraies. La touche pigmentaire d\u2019une premi\u00e8re main au fond d\u2019une paroi rupestre \u00e0 Chauvet, la touche picturale du peintre assurant l\u2019\u00e9criture stylistique de l\u2019image, jusqu\u2019\u00e0 la retouche photographique ou num\u00e9rique, toute image a son caract\u00e8re authentique et vrai, celui de chercher \u00e0 dire vrai par l\u2019inscription des signes sp\u00e9cifiques et techniques de son langage visuel. L\u2019image retouch\u00e9e ne triche pas. Touches et retouches ne sont que l\u2019affirmation de cet accomplissement par l\u2019image d\u2019une confusion inou\u00efe entre la r\u00e9alit\u00e9, le sens, le temps et la v\u00e9rit\u00e9. <em>L\u2019image parlante<\/em> tient ce double langage \u00e0 partager (l\u2019interaction), de ce qui a \u00e9t\u00e9 (la r\u00e9alit\u00e9) et de ce qui est (la v\u00e9rit\u00e9), pour projeter un avenir (l&rsquo;id\u00e9e), dans un mouvement polys\u00e9mique (l\u2019interpr\u00e9tation) devenu tactile et immersif (les sens redoubl\u00e9s). Nous faisons des images pour constater des faits et des signes r\u00e9els, les d\u00e9crire, donner les preuves tangibles d\u2019un passage. En donnant le miroir oculaire de cette v\u00e9rit\u00e9 folle, du seul point de vue garant de l\u2019expression de mon \u00eatre, l\u2019image est l\u2019exclamation subjective de la perception. L\u2019image tient dans l\u2019acte de cet existant agissant comme signifiant \u00e0 l\u2019\u0153uvre et l\u2019image suit la courbe de croissance de nos \u00e9gos et de nos \u00e9motions s\u2019\u00e9parpillant.<\/p>\n<p>La vitesse et le nombre d\u2019images ne laissent plus le temps aux images d\u2019\u00eatre vues, ni contempl\u00e9es. Aujourd\u2019hui, elles se r\u00e9p\u00e8tent, elles se mettent en comp\u00e9tition, elles s\u2019accumulent en construction sur des supports de diffusion et de stockage toujours plus performants. Elles s\u2019entra\u00eenent dans un mouvement de prolif\u00e9ration in\u00e9vitable, abreuv\u00e9 par leurs propres donn\u00e9es en flux continu. Elles composent des vues avec le flux de donn\u00e9es et le composent \u00e9galement, de sorte qu\u2019elles nous int\u00e8grent comme sujet dans le monde de leur mouvement optique. Elles se posent comme les spectres visuels d\u2019une v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 succ\u00e8s de passage, comme un nouveau fleuve. Les r\u00e9seaux d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9s leur offrent plus de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 (agilit\u00e9) et plus de poids (impact)\u00a0; les images circulent en <em>gazouillant<\/em> leur message, chant des amours, des compassions, des deuils, des \u00e9lans, des d\u00e9sirs, des fantasmes et des frustrations, des vulgarit\u00e9s, des fractures, des dominations ou des volont\u00e9s de pouvoir, \u00e0 l\u2019\u00e8re des flux deux-point-z\u00e9ro interconnect\u00e9s et permanents\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est \u00e7a\u00a0!\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0C\u2019est \u00e7a\u00a0!\u00a0\u00bb disent nos <em>m\u00e9ga-giga-<\/em>octets d\u2019images interconnect\u00e9es, comme une \u00e9blouissante v\u00e9rit\u00e9 folle. Comme pour nos objets connect\u00e9s de plus en plus nombreux et pr\u00e9sentant des failles de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 grande \u00e9chelle, les images peuvent se constituer en nu\u00e9e d\u2019<em>objets zombies<\/em>. Ces lueurs stroboscopiques des images publi\u00e9es en continu sur nos \u00e9crans terminaux nous \u00e9clairent-elles ou nous aveuglent-elles\u00a0? Y-a-t-il encore une image pour me dire quelque chose de ce qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9ellement et de ce qui est\u00a0? Accumul\u00e9es comme des r\u00e9sultats, les images ne seraient que des rectangles de comptes, des cadres de constats, des ic\u00f4nes ou des ordonnances, des effigies, des vanit\u00e9s et des calculs. Envisag\u00e9es comme processus, les images ne sont plus fig\u00e9es dans leur apparence et participent d\u2019un \u00e9change, d\u2019un <em>partage sensible<\/em>, visuel et mental. De fait elles sont ce qui est et ce qui m\u2019inclut dans cet espace partag\u00e9, le r\u00e9el m\u00eame, imag\u00e9, dans lequel et par lequel ma pratique de la vie interagit (modifie tout en se modifiant). Les images sont devenues des objets connect\u00e9s, capables de participer avec leur <em>intelligence artificielle<\/em> \u00e0 nos \u00e9changes avec le monde. Comme des syst\u00e8mes informatiques, \u00e0 partir de donn\u00e9es qu\u2019elles nourrissent, les images se d\u00e9veloppent comme syst\u00e8me de conqu\u00eate spatiale et apprennent \u00e0 nous imposer leur cadre comme monde et comme mode de communication. En v\u00e9rit\u00e9 l\u2019image contient une dimension intelligente qui lui permet d\u2019apprendre et d\u2019int\u00e9grer des proc\u00e9d\u00e9s qui lui permettent de prendre corps sur les choses r\u00e9elles. Un langage qui int\u00e8gre l\u2019\u00e9volution de mon nom en tant qu\u2019ic\u00f4ne nomade.<\/p>\n<p>Les images ont une v\u00e9rit\u00e9 plus proche de la peinture, que du r\u00f4le qu\u2019on leur fait jouer sous couvert de technologies. Elles ne sont pas seulement des r\u00e9sultats, ni des performances, ni des figures finies, ni des st\u00e9r\u00e9otypes immobiles. Plus proches de la peinture, car si une image dit \u00ab\u00a0C\u2019est \u00e7a\u00a0!\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0C\u2019est \u00e7a\u00a0!\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0\u00e7a\u00a0\u00bb est une image en construction. L\u2019image ne peut \u00eatre fix\u00e9e. L\u2019image est en devenir. Chaque vision se prolonge, engendrant une autre vision, oculaire ou mentale. Construction. Interpr\u00e9tation. Oui une v\u00e9rit\u00e9 plus proche de la peinture, qui donne ce qui sera. Une r\u00e9v\u00e9lation. Un myst\u00e8re d\u2019incarnation. Interp\u00e9n\u00e9tration. Le pouvoir de l\u2019image tient \u00e0 ce pouvoir de r\u00e9v\u00e9lation qu\u2019elle nous donne et nous offre imm\u00e9diatement. Quelle promesse illusoire, de croire comme si la lumi\u00e8re de l\u2019image, cette lumi\u00e8re de demain, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 l\u00e0. Ne peut-il y avoir d\u2019image sans lumi\u00e8re\u00a0? Le pouvoir d\u2019immersion de l\u2019image tient beaucoup \u00e0 ce bain apparent de r\u00e9v\u00e9lation et de lumi\u00e8re. L\u2019image et la lumi\u00e8re se sondent et s\u2019entretiennent mat\u00e9riellement, l\u2019image et l\u2019air aussi, l\u2019image et l\u2019invisible. Comment peindre l\u2019infini\u00a0? Comment peindre l\u2019invisible\u00a0? Comment peindre l\u2019air\u00a0? Comment peindre la lumi\u00e8re\u00a0? Comment cela peut-il \u00eatre accessible \u00e0 l\u2019image, alors m\u00eame qu\u2019image est \u00e9cran. C\u2019est-\u00e0-dire opacit\u00e9, obstacle, support, cadre, finitude, limite. Par exemple, dans une peinture l\u2019\u00e9cran de pigments est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par nos regards et par nos lumi\u00e8res comme image en tant que surface d\u2019un mur ouvert et prometteur. L\u2019\u00e9cran des cristaux d\u2019argent, de l\u2019\u00e9preuve photographique chimiquement fix\u00e9e, r\u00e9v\u00e8le une \u00e9criture du regard et de la lumi\u00e8re, \u00e9criture de la pratique photographique inscrite comme style de vie, liant corps et image. Devenue lumi\u00e8re cin\u00e9matographique, cathodique puis num\u00e9rique l\u2019image se construit dans la succession impressionniste d\u2019une mod\u00e9lisation atmosph\u00e9rique, danse, flamme, projecteur, donc immersion dans le plein jour. L\u2019image m\u2019enveloppe de son caract\u00e8re lumineux et par sa projection se m\u00ealent nos ombres.<\/p>\n<p>Avec l\u2019invention du cin\u00e9ma, l\u2019\u00e9cran d\u2019images en mouvement est d\u2019autant plus \u00e9blouissant que les images sont projet\u00e9es en lumi\u00e8res, agrandies aussi. Ainsi le sujet de l\u2019image s\u2019agrandit, s\u2019anime et me baigne \u00e0 mon \u00e9chelle dans une lumi\u00e8re r\u00e9unissant l\u2019espace de l\u2019\u00e9cran au mien. Image lumi\u00e8re, terrifiante, magique, fantastique, s\u00e9ductrice, l\u2019\u00e9cran cathodique de la t\u00e9l\u00e9vision s\u2019ancre dans notre quotidien intime, \u00e0 domicile fixe, pour nous y \u00e9clairer de son halo lumineux d\u2019image vid\u00e9o, dont le flux de diffusion cro\u00eet consid\u00e9rablement pour nous accompagner partout en tout instant. La dimension m\u00e9diatique de la lumi\u00e8re s\u2019accentue avec l\u2019\u00e9cran num\u00e9rique. Les ordinateurs d\u2019images num\u00e9riques, de textes, de vid\u00e9os ou de photographies sont devenus nos images \u00ab\u00a0lampes de poche\u00a0\u00bb, attach\u00e9es \u00e0 nos corps par des interfaces accessibles partout, dont la lumi\u00e8re \u00e9clairante nous accompagne dans tous nos mouvements physiques, les plus quotidiens comme les plus intimes. Nos peaux sont color\u00e9es du halo bleut\u00e9 des \u00e9crans lumineux. A quel besoin, \u00e0 quelle attente, si forte, si essentielle, peut correspondre un tel d\u00e9veloppement technologique et social des images\u00a0? Divertissement. Sensation. \u00c9motion. Information. Souvenir. Pouvoir. C\u2019est plus que tout cela qui propulse le d\u00e9veloppement des images. Le d\u00e9sir que repr\u00e9sente l\u2019expansion technique de l\u2019image r\u00e9side dans son pouvoir de r\u00e9sistance des corps au monde. L\u2019image a toujours \u00e9t\u00e9 une peau sensible incarn\u00e9e, fascinant les uns, effrayant les autres. L\u2019image est dermographique. Sa premi\u00e8re impression touche nos corps. Son langage se d\u00e9veloppe comme des peaux qui se frottent au monde. Du bout d\u2019un doigt sanctifi\u00e9 par son halo lumineux, l\u2019image est le d\u00e9coupage spatial et fonctionnel d\u2019une surface de langage interfac\u00e9.\u00a0 Immersion par fusion des espaces dermiques. Sa beaut\u00e9 a souvent \u00e9t\u00e9 confondue avec sa puissance, mais elle a toujours su d\u00e9lier nos langues et faire venir les mots de ses horizons. Elle est l\u2019incarnation du corps et de l\u2019id\u00e9e \u00e0 la fois mis \u00e0 plat. Son existence peut combler le suspens du d\u00e9sir et s\u2019accomplir par la force d\u00e9sirante.<\/p>\n<p>Depuis les d\u00e9mocratisations num\u00e9riques d\u2019internet et la d\u00e9mat\u00e9rialisation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, l\u2019image s\u2019est gliss\u00e9e dans notre peau, par-del\u00e0 les fronti\u00e8res physiques, m\u00eame si elle se heurte encore \u00e0 quelques limites culturelles. L\u2019image est le corps m\u00eame des Interfaces Homme-Machine. L&rsquo;image met \u00e0 jour la cicatrice de nos peaux ouvertes au monde. Tout simplement immersive parce qu\u2019elle nous immerge. Avec les casques sensoriels associant une perception artificielle, sonore et visuelle, l\u2019\u00e9cran immat\u00e9riel des images en 3D prime sur l\u2019espace r\u00e9el en s\u2019y superposant exactement par un espace atmosph\u00e9rique impalpable. Dans la pratique du dessin on pouvait \u00e9tablir cette relation privil\u00e9gi\u00e9e des <em>mains intelligentes<\/em>, prolongeant leur cerveau. Aujourd\u2019hui, immerg\u00e9 par un casque 3D dans une image virtuelle, je vois, je per\u00e7ois, mentalement et visuellement, un espace o\u00f9 je ne suis pas. Mes mains, reli\u00e9es par des capteurs, pourront y interagir, alors qu\u2019en v\u00e9rit\u00e9 elles ne feront que des gestes fant\u00f4mes et vides dans l\u2019espace r\u00e9el. Les espaces ne sont plus des zones distinctement s\u00e9par\u00e9es, mais des surcouches imbriqu\u00e9es, juxtaposables et superposables. Les surcouches d\u2019espaces virtuels possibles par les nouveaux collages num\u00e9riques poseront des questions juridiques sur les nouvelles possibilit\u00e9s d\u2019imbrications des images. Depuis le Cubisme, le concept du collage moderne a d\u00e9cupl\u00e9 son potentiel de combinaisons dans toutes les dimensions et nuances de l\u2019espace, gr\u00e2ce \u00e0 sa num\u00e9risation. La mod\u00e9lisation d\u2019une image virtuelle en 3D peut pr\u00e9voir un nombre si cons\u00e9quent d\u2019univers, de sc\u00e9narios qu\u2019une simple vie humaine ne suffit plus \u00e0 appr\u00e9hender l\u2019insondable infini visuel des images de fond. Maintenant les images calculent plus vite que nos yeux ou que nos cerveaux. Les ph\u00e9nom\u00e8nes de discontinuit\u00e9 de la perception peuvent s\u2019amplifier de plus d\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9s tout en \u00e9tant plus fluides parce que mes \u00e9changes entre diff\u00e9rents espaces optiques sont assist\u00e9s par leurs calculs de connexion.\u00a0 Bient\u00f4t les \u00e9crans lumineux des images seront greff\u00e9s et implant\u00e9s dans nos yeux m\u00eames, de sorte que les espaces r\u00e9els, les espaces mentaux, les espaces r\u00eav\u00e9s, les espaces imaginaires, les espaces priv\u00e9s, les espaces publics, les espaces artificiels ou les espaces virtuels fusionneraient en des combinaisons visuelles\u00a0: collages, fragmentations, calques, discontinuit\u00e9s, ruptures temporelles et spatiales, d\u00e9collages, connexions, montages, surcouches, interf\u00e9rences, multi-r\u00e9f\u00e9rencements, fondus, <em>d\u00e9territorialisation<\/em> des images. Comme \u00e0 la surface des \u00e9crans tactiles o\u00f9 je peux toucher, interagir d\u2019un doigt avec les images, le corps et l\u2019image sont tactilement reli\u00e9s. Une peau les r\u00e9unit. \u0152il pour voir, \u0153il \u00e0 voir, corps image, corps support, l\u2019image est un corps insondable.<\/p>\n<p>L\u2019autre immersion possible de l\u2019image est l\u2019objet concret lui-m\u00eame de l\u2019image. Faisant suite \u00e0 la tradition de la perspective de la Renaissance, en tant que mod\u00e9lisation visuelle, l\u2019image vectorielle engendre une chose de pur calcul, dont l\u2019<em>encrage<\/em> du processus d\u2019impression 3D fait na\u00eetre un objet r\u00e9el. L\u00e0, l\u2019image se tient ici-m\u00eame comme corps, dont la proximit\u00e9 spatiale et physique peut m\u2019englober comme dans une caverne. Je peux \u00eatre devant, autour et dedans cette all\u00e9gorie.<\/p>\n<p>L\u2019image est un trou. \u00ab\u00a0C\u2019est \u00e7a\u00a0!\u00a0\u00bb dit l\u2019image. Un \u00ab\u00a0\u00e7a\u00a0\u00bb, comme un trou qui ne fait pas la part entre r\u00e9el et imaginaire, qui ne conna\u00eet ni norme ni r\u00e9alit\u00e9 (temps, espace, exigences, conventions), dont le principe de base repose sur le plaisir de la satisfaction imm\u00e9diate. L\u2019\u00e8re num\u00e9rique a abouti la dimension m\u00e9canique et industrielle de la reproduction des images, en les dotant d\u2019une \u00e2me d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9e, d\u2019un support de stockage mobile et d\u2019une intelligence artificielle. Le langage de l\u2019image s\u2019articule toujours sur les signes d\u2019origine, point, ligne, surface, couleur, par exemple, mais au fond de l\u2019image une autre unit\u00e9 a remplac\u00e9 la particule de base. La pulsion de l\u2019image ne s\u2019exprime plus seulement sur la base d\u2019un petit grain de satisfaction int\u00e9rieure (suaire dermographique, pigment de graphite ou sel d\u2019argent), mais sur la base pulsionnelle du pixel. La pulsion de l\u2019image peut m\u00eame \u00e9clore et se tenir en plein milieu du d\u00e9cor. Gr\u00e2ce \u00e0 cette nouvelle encre mod\u00e9lisable, l\u2019imprimerie 3D rend possible une image dans son d\u00e9cor aussi r\u00e9elle l\u2019une et l\u2019autre. L\u2019image est une continuit\u00e9 de l\u2019empreinte et du moulage, dont le trac\u00e9 d\u2019une \u00e9mulsion de mati\u00e8re en fusion, comme le fil br\u00fblant sorti d\u2019une forge, permet sa construction r\u00e9elle.<\/p>\n<p>Mon contact au r\u00e9el engendre une pixellisation violente et envahissante de mes d\u00e9sirs. L\u2019image n\u2019a plus d\u2019image (ic\u00f4ne). L\u2019image est \u00e0 l\u2019image d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 en adoration devant l\u2019id\u00e9e de croissance (\u00e9conomique) et de r\u00e9am\u00e9nagement territorial (<em>plan d\u2019occupation des sols<\/em>). L\u2019ic\u00f4ne fait toujours peur, tandis que l\u2019image vid\u00e9e de son ic\u00f4ne au profit du comptage rassure par son <em>effet n\u00e9nuphar<\/em> (prolif\u00e9ration) pour recomposer des territoires sur mesure. L\u2019image a le succ\u00e8s de son effet, \u00e0 l\u2019image de son compteur de r\u00e9sultats et de chiffres de croissance. Apr\u00e8s l\u2019image en perspective, issue de la <em>Cam\u00e9ra obscura<\/em> qui offre un espace oculaire adapt\u00e9 au point de vue de l\u2019humain, dont les calculs co\u00efncident avec l\u2019\u0153il, l\u2019image algorithmique cr\u00e9e un nouveau mod\u00e8le de repr\u00e9sentation et de conception visuelle qui anticipe les d\u00e9sirs de l\u2019\u0153il. La nature s\u2019estompe au profit de l\u2019espace de l\u2019image. L\u2019artefact se substitue au r\u00e9f\u00e9rentiel comme nature artificielle. L\u2019image vit, \u00e0 travers les algorithmes informatiques, une application \u00e9vidente en r\u00e9alit\u00e9 augment\u00e9e et embarqu\u00e9e. La photogramm\u00e9trie avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9plac\u00e9 la vision st\u00e9r\u00e9oscopique humaine pour recomposer des reliefs par d\u00e9calage. L&rsquo;image modifie la vision selon son proc\u00e9d\u00e9 de mod\u00e9lisation et l&rsquo;impose comme nouvelle vue. Une image est cette repr\u00e9sentation visuelle ou mentale de quelque chose qui a toute sa t\u00eate. L\u2019image a gagn\u00e9 ses propres yeux pour penser et voir d\u2019elle-m\u00eame. Image naturelle ou artificielle, visible ou non, mat\u00e9rielle ou intangible, figure ou concept, ressemblante ou r\u00e9f\u00e9rente, elle est la chose m\u00eame des choses.<\/p>\n<p>L\u2019image est devant toute chose r\u00e9elle. Premi\u00e8re image et derni\u00e8re image n\u2019ont plus de raison, car l\u2019image est devenue continue, son flux est permanent et perp\u00e9tuel. \u00c9tymologiquement <em>Imago<\/em> figure le portrait mortuaire de l\u2019anc\u00eatre en cire. Le masque de l\u2019image est le droit de perp\u00e9tuer la lign\u00e9e de la derni\u00e8re image \u00e9ternellement. L\u2019image a son origine dans le corps de l\u2019ex-voto. L\u2019image est la vue reconnaissante des ombres -les ombres, les reflets, les miroitements, les pochoirs de lumi\u00e8res, les corps doubles et toutes les repr\u00e9sentations qui peuvent se manifester naturellement dans la vie. L\u2019image est la projection abstraite de la pens\u00e9e dans une forme de langage visible qui abolit le temps et l\u2019espace, en prolongeant les corps dans une vie d\u2019images. L\u2019image a une forme universelle qui lui permet de s\u2019offrir \u00e0 tous, en m\u00eame temps qu\u2019elle a une profondeur secr\u00e8te qui lui permet de se refuser \u00e0 la superficialit\u00e9 de chacun. Le myst\u00e8re de Dieu r\u00e9side dans le myst\u00e8re de son image. L\u2019image est la chose, l\u2019image comme \u00e9l\u00e9ment fondateur de l\u2019image humaine. Le myst\u00e8re de la v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9side dans le myst\u00e8re de son image, c\u2019est-\u00e0-dire de son ombre. L\u2019image fait de l\u2019ombre sur la connaissance et la v\u00e9rit\u00e9, bien qu\u2019elle en r\u00e9v\u00e8le le sens. Les images font violence \u00e0 nos consciences, car elles nous disent plus que \u00ab\u00a0C\u2019est \u00e7a\u00a0!\u00a0\u00bb, elles nous engagent \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce qu\u2019elles r\u00e9fl\u00e9chissent, pour \u00e0 notre tour faire image. L\u2019image nous dit \u00ab\u00a0\u00e0 ton tour, repr\u00e9sente-toi comment c\u2019est, \u00e7a\u00a0?\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Et voil\u00e0 que \u00e7a fait peur. La peur de l\u2019image. La peur ne rel\u00e8ve pas seulement du registre de la perception d\u2019un danger r\u00e9el, mais aussi de la repr\u00e9sentation du danger, de l\u2019imagination d\u2019un danger, de l\u2019image des risques. La prolif\u00e9ration des images correspond aussi \u00e0 ce d\u00e9placement perp\u00e9tuel et n\u00e9cessaire des fronti\u00e8res imaginaires des peurs, des risques et des sensations. Je fais l\u2019hypoth\u00e8se de l\u2019existence d\u2019une peur commune non r\u00e9solue, dont le travail d\u2019\u00e9lucidation se tient au creux des images individuelles ou collectives. Depuis la premi\u00e8re image jusqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re, chaque tranche d\u2019image empile nos strates de d\u00e9sirs de vaincre cette peur. Ainsi les mains de la grotte de Chauvet nous font signe comme image, comme art, comme prolongement esth\u00e9tique du langage\u00a0: l\u2019homme de Chauvet d\u00e9couvre que sa main et sa bouche peuvent faire autre chose que d\u2019ex\u00e9cuter une t\u00e2che mat\u00e9rielle comme saisir ou manger. Il mat\u00e9rialise une forme de langage en soufflant du pigment sur une main pochoir. Son corps fait image et se transforme ainsi en langage et en culture. Cet acte est une prise de conscience qui dresse le portrait d\u2019une pens\u00e9e culturelle. L\u2019image de la main de l\u2019homme de Chauvet incarne la respiration d\u2019un homme conscient du sens qu\u2019il fabrique, c\u2019est-\u00e0-dire du sens politique que sa vie \u00e9tend au-del\u00e0 d\u2019un r\u00f4le de pr\u00e9dateur. L\u2019image incarne donc une vision subjective \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de mon corps, ici une main. D\u00e8s lors que ce geste intime nous fait signe, son image cr\u00e9e finalement une perspective optique d\u2019universalit\u00e9. Cette image \u00e0 son image, en portant une vision tendue vers nous tous, ravive aussi la part socio-\u00e9conomique de l\u2019\u0153il.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me de l\u2019image est aujourd\u2019hui de r\u00e9ussir \u00e0 r\u00e9unir le champ de la culture (d\u00e9sir, amour, cr\u00e9ation, v\u00e9rit\u00e9, langage, sens) avec le champ de la gestion (preuves \u00e9conomiques, comptage, r\u00e9sultats, croissance, prolif\u00e9ration, chiffres, algorithmes). Le projet de l\u2019image est de r\u00e9ussir cette r\u00e9union, ce partage, ce mouvement des sens, ce tissage, ce grouillement des exp\u00e9riences et des signes. L\u2019image est l\u2019espace h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne des signes en mouvement, dont le flux des inscriptions fait le fonds d\u2019images vivantes. Les vues de l\u2019air. Dans l\u2019air, les nu\u00e9es d\u2019images dessinent des volutes indescriptibles et entrelac\u00e9es. Mises bout \u00e0 bout, les images forment les immenses banni\u00e8res du\u00a0<em>Monde Google<\/em>, m\u00eame litanie de pri\u00e8res que sur les anciennes banni\u00e8res de procession religieuse. Empil\u00e9es au gr\u00e9 de leur production industrielle, les images tentent de rena\u00eetre de leurs fonds indistincts, de leurs signes confondus, de leurs couleurs innommables, de leurs formes vagues. Cette renaissance technologique aboutit \u00e0 la mise en r\u00e9seau d\u2019une cartographie d\u2019images, planes ou en volumes, comme autant d\u2019\u00eeles optiques inversant le r\u00e9el. La promenade des regards constelle leur opacit\u00e9 de fen\u00eatres difformes, profondes et signifiantes. L\u2019image est la proposition de <em>partage sensible<\/em> des peaux aveugles des arbres. En plus de ses signes iconiques, l\u2019image affiche une peau. En plus de ses codes vectoriels, l\u2019image imprime un objet. L\u2019image prend corps au-del\u00e0 de ce qu\u2019elle figure et bouleverse notre approche cognitive.<\/p>\n<p>Quand savoir quoi voir n&rsquo;est plus certain, nos mains caressent les images, renouant ainsi avec ce geste continu depuis l&rsquo;art pari\u00e9tal jusqu&rsquo;aux interfaces tactiles et rappelant aussi que l&rsquo;immersion dans l&rsquo;image touche plus notre corps que nos yeux. L\u2019immersion a ce caract\u00e8re de choc qui m\u2019inclut brutalement avec sensation, car ses images me frappent comme un plongeon dans la piscine.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Notes de travail 2014-2016<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On n\u2019est pas \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des images. Comme toute chose n\u2019est pas ext\u00e9rieure \u00e0 nous, l\u2019image est en nous, au c\u0153ur de nous. Nous sommes au c\u0153ur de chaque image, comme au c\u0153ur m\u00eame d\u2019une peau. 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