{"id":71,"date":"2016-11-28T16:17:59","date_gmt":"2016-11-28T15:17:59","guid":{"rendered":"http:\/\/damienreynaud.fr\/?page_id=71"},"modified":"2017-11-08T22:17:56","modified_gmt":"2017-11-08T21:17:56","slug":"la-mue-imaginale","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/damienreynaud.fr\/?page_id=71","title":{"rendered":"la mue imaginale"},"content":{"rendered":"<p>Dans <em>La Chambre Claire<\/em>, Roland Barthes est \u00e0 la recherche d&rsquo;une pr\u00e9sence perdue, \u00e0 travers une image. Une image qui puisse la lui faire retrouver et reconna\u00eetre toute enti\u00e8re, sa m\u00e8re.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ce travail douloureux qui le fait se d\u00e9battre au milieu des images, dont chacune ne lui restitue que des bribes de v\u00e9rit\u00e9. Quand il se trouve devant la <em>Photographie du Jardin d&rsquo;Hiver<\/em>, il peut observer une petite fille posant avec son fr\u00e8re, dans la serre de la maison. Il peut enfin y retrouver sa m\u00e8re. Il en retrouve le visage, et tout de la posture famili\u00e8re du corps, dans la pose photographique d&rsquo;une petite fille qu&rsquo;il n&rsquo;a pourtant jamais connue ailleurs que dans cette image.<\/p>\n<p>Faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Jean-Luc Godard, je dirais que Roland Barthes explique ne pas chercher \u00ab\u00a0juste une image\u00a0\u00bb, mais \u00ab\u00a0une image juste\u00a0\u00bb, une image de justesse.<\/p>\n<p><strong>La v\u00e9rit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>O\u00f9 est l&rsquo;image vraie\u00a0? Cette recherche dans les albums de photographies familiales d&rsquo;une image perdue, parce qu&rsquo;il vient de perdre sa m\u00e8re, lui donnera avec la <em>Photographie du Jardin d&rsquo;Hiver<\/em>, la satisfaction d&rsquo;un \u00ab\u00a0sentiment aussi s\u00fbr que le souvenir\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L&rsquo;obscur photographe de Chennevri\u00e8res-sur-Marne avait \u00e9t\u00e9 le m\u00e9diateur d&rsquo;une v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb qui lui rendait la \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9 vivante\u00a0\u00bb, et accomplissait pour lui, \u00ab\u00a0la science impossible de l&rsquo;\u00eatre unique\u00a0\u00bb. A travers cette image, il vit une r\u00e9v\u00e9lation, un peu comme l&rsquo;<em>imago<\/em>, dernier \u00e9tat de la mue, permet \u00e0 l&rsquo;insecte d&rsquo;aboutir enfin \u00e0 sa forme attendue. La pr\u00e9sence de l\u2019absence, que d\u00e9signe la photographie, et qui le touche, lui rendit tout plus vivant.<\/p>\n<p>En quoi donc certaines images sont insignifiance, indiff\u00e9rence, et d&rsquo;autres font basculer une v\u00e9rit\u00e9 \u00ab\u00a0telle qu&rsquo;en elle-m\u00eame\u00a0\u00bb\u00a0? C&rsquo;est qu&rsquo;il existe une essence particuli\u00e8re, flottant dans l&rsquo;image, une suspension de l&rsquo;issue qui serait l&rsquo;espace m\u00eame de l&rsquo;amour et du langage. Voil\u00e0 ce fil que Roland Barthes va trouver par hasard dans la photographie, faisant le lien entre la peine de la perte de sa m\u00e8re et sa recherche pour combler ce vide par le langage.<\/p>\n<p>Cette image particuli\u00e8re, capable de d\u00e9cupler des sentiments plus haut que le souvenir, nous la connaissons tous, pour l&rsquo;avoir crois\u00e9e dans l&rsquo;album du pass\u00e9 et des histoires intimes. Si cette image lui parle tant, Roland Barthes a pourtant conscience qu&rsquo;elle n&rsquo;est qu&rsquo;une image quelconque, pour nous qui n&rsquo;avons jamais connu l&rsquo;amour de sa m\u00e8re. C&rsquo;est justement en faisant parler cette image dans <em>La Chambre Claire<\/em>, qu&rsquo;il la fait devenir autre. Pour nous, sans la voir, sa traduction verbale la fait alors tendre \u00e0 l&rsquo;universel.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;aventure<\/strong><\/p>\n<p>\u00c9videmment, ce qu&rsquo;il voit l\u00e0, dans l&rsquo;image, s&rsquo;est trouv\u00e9 l\u00e0, dans la r\u00e9alit\u00e9, entre lui et l&rsquo;infini dans le temps.<\/p>\n<p>Cette qualit\u00e9, du r\u00e9f\u00e9rent photographique et objectif, peut d\u00e9passer la forme d&rsquo;une quelconque v\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;image, pour prendre l&rsquo;allure de l&rsquo;intense exp\u00e9rience int\u00e9rieure d&rsquo;une pose vivante. Qui n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9mu devant une image\u00a0?<\/p>\n<p>Roland Barthes s&rsquo;est retrouv\u00e9 propuls\u00e9 par la <em>Photographie du Jardin d&rsquo;Hiver<\/em>, entre lui, ici, aujourd&rsquo;hui, et elle, l\u00e0-bas, hier. Entre cet en de\u00e7\u00e0 et cet au-del\u00e0, que lui pr\u00e9sente cette exp\u00e9rience visuelle de l&rsquo;image, il retrouve l&rsquo;intensit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9tendue d&rsquo;une vie r\u00e9elle et l&rsquo;infini d&rsquo;une v\u00e9rit\u00e9 v\u00e9cue.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J&rsquo;avais confondu v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9alit\u00e9 dans une \u00e9motion unique, en quoi je pla\u00e7ais d\u00e9sormais la nature -le g\u00e9nie- de la Photographie, puisque aucun portrait peint, \u00e0 supposer qu&rsquo;il me par\u00fbt \u00ab\u00a0vrai\u00a0\u00bb, ne pouvait m&rsquo;imposer que son r\u00e9f\u00e9rent e\u00fbt r\u00e9ellement exist\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La pose photographique c&rsquo;est aussi la pose du sujet regardant l&rsquo;image, ce qui donne \u00e0 la ph\u00e9nom\u00e9nologie de l&rsquo;image un double regard, un double langage, une double intention.<\/p>\n<p><strong>Le<em> punctum<\/em><\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;image peut avoir quelque chose \u00e0 nous dire, qui serait diff\u00e9rent, que je sois le cadreur ou le spectateur. Ainsi, la <em>Photographie du Jardin d&rsquo;Hiver<\/em> n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 faite avec la m\u00eame intention que celle qui portera le regard de Roland Barthes sur elle, dans <em>La Chambre Claire<\/em>. Cette d\u00e9couverte d&rsquo;une aventure entre l&rsquo;\u00eatre et l&rsquo;image montre qu&rsquo;une image peut nous advenir et nous animer. C&rsquo;est ainsi que Roland Barthes d\u00e9finit cette aventure comme le t\u00e9lescopage entre deux entit\u00e9s \u00e0 l&rsquo;image\u00a0: le <em>studium<\/em> et le <em>punctum<\/em>.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est par le <em>studium<\/em> que je m&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 beaucoup de photographies, soit que je les re\u00e7oive comme des t\u00e9moignages, soit que je les go\u00fbte comme de bons tableaux historiques\u00a0: car c&rsquo;est culturellement que je participe aux figures, aux mines, aux gestes, aux d\u00e9cors, aux actions.\u00a0\u00bb Le <em>studium<\/em> renvoie donc \u00e0 l&rsquo;information correspondant au centre d&rsquo;int\u00e9r\u00eat culturel pr\u00e9sent\u00e9 dans l&rsquo;image.<\/p>\n<p>Tandis que l&rsquo;on va chercher le <em>studium<\/em> dans l&rsquo;image par notre conscience, on ne va pas chercher le <em>punctum<\/em>. \u00ab\u00a0C&rsquo;est lui qui part de la sc\u00e8ne, comme une fl\u00e8che, et vient me percer. (\u2026) Ce second \u00e9l\u00e9ment qui vient d\u00e9ranger le studium, je l&rsquo;appellerai donc <em>punctum<\/em>\u00a0; car <em>punctum<\/em>, c&rsquo;est aussi\u00a0: piq\u00fbre, petit trou, petite tache, petite coupure -et aussi coup de d\u00e9s. Le <em>punctum<\/em> d&rsquo;une photo, c&rsquo;est ce hasard qui, en elle, me point.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ainsi, pour Roland Barthes, tant qu&rsquo;une image n&rsquo;est pas travers\u00e9e par ce d\u00e9tail signifiant, il ne se sent pas autant anim\u00e9 par ce qui lui y fait signe. Il n&rsquo;est donc bien question que de sens dans l&rsquo;image. En cela, elle est le th\u00e9\u00e2tre sensationnel de tous les langages \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans le r\u00e9el.<\/p>\n<p><strong>Le partage<\/strong><\/p>\n<p>Rendre hommage aujourd&rsquo;hui \u00e0 Roland Barthes est l&rsquo;occasion d&rsquo;exprimer ma recherche d&rsquo;un sens perdu. Les\u00a0 paysages de crises \u00e9conomiques, dont les informations nous nourrissent d&rsquo;images moroses, de scandales optiques ou de divertissements visuels, sont des images fauss\u00e9es. Leur v\u00e9rit\u00e9 tient plut\u00f4t \u00e0 une r\u00e9elle crise du sens et des symboles.<\/p>\n<p>Nos syst\u00e8mes de communication favorisent la transmission de l&rsquo;information par l&rsquo;image, car les supports technologiques sont d&rsquo;abord des modes d&rsquo;affichages li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran et \u00e0 l&rsquo;ic\u00f4ne. Il me semble n\u00e9cessaire de prolonger et\u00a0 de diffuser une pens\u00e9e, permettant d&rsquo;aborder les images, afin de partager ensemble une r\u00e9flexion sur leur sens et leurs usages. Les \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;actualit\u00e9, qui ont affect\u00e9 l&rsquo;opinion publique, par les cons\u00e9quences des caricatures de Charlie Hebdo, ou par l&rsquo;impact politique de l&rsquo;image de la mort du petit Aylan, montrent l&rsquo;incidence de l&rsquo;image dans nos vies personnelles et sociales. Ainsi,\u00a0 le travail que je propose d&rsquo;installer sur les halles de la place centrale de Cherbourg cherche \u00e0 rendre visible le mat\u00e9riau de l&rsquo;image et du langage, dans l&rsquo;espace commun.<\/p>\n<p>O\u00f9 est l&rsquo;image vraie\u00a0? Cette question est la recherche d&rsquo;une v\u00e9rit\u00e9, de chacun, au quotidien, cherchant \u00e0 se faire une id\u00e9e juste sur le flux des images de la vie. Je pense que cette r\u00e9flexion\u00a0 anime r\u00e9ellement les gens et les am\u00e8ne \u00e0 vivre l&rsquo;aventure de l&rsquo;image. Aussi, quand j&rsquo;entends quelqu&rsquo;un dicter sa v\u00e9rit\u00e9 sur une image, comme quoi les esprits seraient souvent trop limit\u00e9s pour comprendre, il me semble indispensable de d\u00e9limiter un champ d&rsquo;intervention artistique, qui permette la rencontre des id\u00e9es, entre des mots et des images, avec des gens de passage dans l&rsquo;espace de la cit\u00e9.<\/p>\n<p>Il ne faut pas oublier cette le\u00e7on que l&rsquo;image ne peut pas \u00eatre absolument comprise, et qu&rsquo;en en dictant un sens autoritaire, on limite notre champ visuel des possibles. Parce que la technologie offre un potentiel d\u00e9mesur\u00e9 d&rsquo;auteurs, l&rsquo;image est plus que jamais naturellement ouverte au doute. Heureusement\u00a0! Aux doutes et aux sens.<\/p>\n<p><strong>Le lieu<\/strong><\/p>\n<p>Roland Barthes est n\u00e9 \u00e0 Cherbourg par hasard. M\u00eame si cela semble anecdotique, il me vaut de lui t\u00e9moigner cet apport, c&rsquo;est \u00e0 dire d&rsquo;ici exprimer nos id\u00e9es et nos sens en mouvement comme forme de reconnaissance d&rsquo;un ailleurs. Ce projet prend donc forme \u00e0 la date anniversaire du centenaire de sa naissance, le 12 novembre 2015, \u00e0 Cherbourg. Y sont pr\u00e9sent\u00e9es cent images au format carte postale, accompagn\u00e9es de cent aphorismes sur l&rsquo;image en guise de l\u00e9gende. Le travail se pr\u00e9sente dans la ville en une ligne de bandeaux coll\u00e9s bout \u00e0 bout sur les fa\u00e7ades des anciennes halles de la place centrale, en en faisant le pourtour. Chaque bandeau est compos\u00e9 d&rsquo;une formule textuelle commen\u00e7ant par une majuscule et dont le point final de la phrase est remplac\u00e9 par une image photographique en noir et blanc. La longueur de chaque bandeau est d\u00e9termin\u00e9e par la longueur de la phrase, tout en \u00e9tant limit\u00e9e par un maximum de un m\u00e8tre. A un bandeau succ\u00e8de un autre bandeau, avec un autre aphorisme et une autre carte postale, guidant le sens de notre promenade comme une lecture de l&rsquo;espace. Chaque image est une vue st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e, formant une collection et pr\u00e9sentant la ville. D&rsquo;ailleurs,\u00a0 Roland Barthes a aussi d\u00e9velopp\u00e9 une analyse du signe et de l&rsquo;imagerie des monuments ou de l&rsquo;urbanisme, rendant au visible de la ville une recherche de lisibilit\u00e9.<\/p>\n<p>En double, une autre ligne se superpose au ruban des bandeaux, avec le texte de Serge Mauger en hommage \u00e0 Roland Barthes, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0M\u00e9moire d&rsquo;un non lieu\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>La patate<\/strong><\/p>\n<p>Dans chaque carte postale est mise en sc\u00e8ne une pomme de terre, comme un \u00e9l\u00e9ment perturbant notre vision \u00ab\u00a0normale\u00a0\u00bb. Tant\u00f4t cette patate nous saute aux yeux, tant\u00f4t elle se fond dans le d\u00e9cor. Alors que chaque aphorisme nous entra\u00eene \u00e0 penser \u00e0 la port\u00e9e des mots, sur l&rsquo;id\u00e9e ou l&rsquo;usage des images, chaque pomme de terre vient interf\u00e9rer dans la petite histoire de l&rsquo;image. Chaque image s&rsquo;\u00e9chappe de sa simple image.<\/p>\n<p>La patate est tout un symbole\u00a0!\u00a0 D&rsquo;une forme naturelle de survie, \u00e0 la naissance d&rsquo;une vie sous terre ou \u00e0 une nourriture populaire, c&rsquo;est l&rsquo;image d&rsquo;un partage accessible et autonome. C&rsquo;est aussi un tubercule capable de sugg\u00e9rer des m\u00e9tamorphoses inqui\u00e9tantes, anthropomorphiques ou \u00e9rotiques. Car l&rsquo;image est cette \u00e9trange \u00e9tranget\u00e9, qui co\u00efncide si bien avec le r\u00e9el et nos projections.<\/p>\n<p>La f\u00e9cule de pomme de terre a\u00a0 \u00e9galement bien jou\u00e9 son r\u00f4le fondateur\u00a0: pr\u00e9sent\u00e9e d\u00e8s 1904 \u00e0 l&rsquo;acad\u00e9mie des sciences, comme l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment chimique intervenant dans le proc\u00e9d\u00e9 de l&rsquo;autochrome, elle permit le succ\u00e8s d&rsquo;une r\u00e9v\u00e9lation des choses en couleur. Les premi\u00e8res photographies en couleur sont donc n\u00e9es avant Roland Barthes, alors que lui-m\u00eame avait sa pr\u00e9f\u00e9rence pour le noir et blanc.<\/p>\n<p>Enfin, j&rsquo;ai surtout choisi de rendre hommage \u00e0 Roland Barthes, en proposant \u00e0 la patate de jouer le r\u00f4le signifiant du <em>punctum<\/em>, c&rsquo;est \u00e0 dire ce qui est pr\u00e9sent\u00e9 dans <em>La Chambre Claire<\/em> comme cet \u00e9l\u00e9ment signifiant de l&rsquo;image qui vient me traverser et m&rsquo;animer pour faire sens.<\/p>\n<p><strong>Le<em> transformator<\/em><\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;image fait d&rsquo;abord sens au corps. En effet, qu&rsquo;attendons-nous de nos donn\u00e9es imag\u00e9es et partag\u00e9es\u00a0? Sous la forme d&rsquo;un vieil album de famille, d&rsquo;un r\u00e9seau num\u00e9rique sur Facebook, de selfies, puis de snapchats \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, il y a l&rsquo;espoir qu&rsquo;un d\u00e9tail signifiant ne vienne percer les \u00e9crans, comme la preuve d&rsquo;un r\u00e9el possible, li\u00e9 \u00e0 mes attentes intimes.<\/p>\n<p>La vision individualiste et narcissique de ces \u00ab\u00a0\u00e9goportraits\u00a0\u00bb contemporains -comme on les appelle- me para\u00eet plus correspondre \u00e0 une \u00e9mission revendicative du d\u00e9sir d&rsquo;un \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb, en image parlante. Le monde des supports de communication en d\u00e9veloppement et des \u00e9changes visuels devenus num\u00e9riques est un espace de mouvement et de cr\u00e9ativit\u00e9 des langages, dont la fonction po\u00e9tique correspond \u00e0 nos n\u00e9cessit\u00e9s politiques d&rsquo;appropriations personnelles. Agissant en r\u00e9seau, pour faire signe des v\u00e9rit\u00e9s \u00ab\u00a0telles qu&rsquo;en elles-m\u00eames\u00a0\u00bb, l&rsquo;image fait la paix avec la d\u00e9faillance d\u00e9mocratique. Car chaque image est la visualisation\u00a0 du risque de son exposition, \u00e0 un pur laisser parler \u00e0 son sujet.<\/p>\n<p>Cette forme de conscience collective d&rsquo;un espace modifi\u00e9 me fait penser que chaque geste, derri\u00e8re un \u00e9cran ou une image, rend un hommage inconscient \u00e0 la recherche de sens de Roland Barthes.<\/p>\n<p>La mue imaginale, dans le monde des col\u00e9opt\u00e8res, est cette image d&rsquo;un double, entre le dernier \u00e9tat d&rsquo;une chrysalide et l&rsquo;\u00e9closion d&rsquo;une naissance. L&rsquo;image offre donc cette perspective d&rsquo;une mutation, entre une apparence visuelle et ce que l&rsquo;esprit en extraie comme sens vivant.<\/p>\n<p>L&rsquo;image vraie, c&rsquo;est la mue imaginale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>12 novembre 2015, extrait de <a href=\"http:\/\/hommagearolandbarthes.blogspot.fr\/\"><em>O\u00f9 est l&rsquo;image vraie?<\/em><\/a>, hommage \u00e0 Roland Barthes, Cherbourg 2015.<strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans La Chambre Claire, Roland Barthes est \u00e0 la recherche d&rsquo;une pr\u00e9sence perdue, \u00e0 travers une image. Une image qui puisse la lui faire retrouver et reconna\u00eetre toute enti\u00e8re, sa m\u00e8re. C&rsquo;est ce travail douloureux qui le fait se d\u00e9battre au milieu des images, dont chacune ne lui restitue que des bribes de v\u00e9rit\u00e9. 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